Science : quels sont les pays les plus avancés dans ce domaine ?

Personne ne pariait il y a quinze ans sur une domination helvétique. Et pourtant, depuis 2022, la Suisse conserve la première place du Global Innovation Index, devant la Suède et les États-Unis. L’Asie de l’Est enregistre cependant la progression la plus rapide, portée par la Corée du Sud, Singapour et la Chine.

En 2024, le ralentissement des investissements mondiaux en recherche et développement n’a pas ébranlé la suprématie européenne dans le classement, mais il infléchit les rapports de force entre géants. D’un pays à l’autre, les écarts se creusent : politiques publiques, capacité d’adaptation des entreprises, volume de brevets déposés, chaque facteur compte.

Panorama 2025 : où en est l’innovation scientifique dans le monde ?

La carte mondiale de l’innovation ne ressemble plus à celle de la fin des années 2010. Les équilibres évoluent, les nouveaux venus frappent fort. La Corée du Sud avance à grand pas, portée par la densité de son tissu technologique et la détermination de l’État à investir de façon ambitieuse. Du côté de la Chine, la place de challenger est solidement tenue, notamment dans l’intelligence artificielle, domaine où la rivalité avec les États-Unis atteint des sommets inédits.

L’Europe ne reste pas spectatrice. La France et l’Allemagne privilégient la formation poussée, la recherche fondamentale et le renforcement de leurs institutions. Miser sur la qualité scientifique tout en assurant un passage fluide vers l’industrie : voilà l’équilibre qu’elles visent à défendre sur la scène mondiale.

Trois ingrédients dominent dans les pays les plus performants :

  • une proportion hors norme de brevets déposés
  • un appui fort à la R&D
  • le choix délibéré d’investir dans les technologies émergentes

À cette dynamique s’ajoute l’impact des alliances entre pays. Partage de savoirs, projets communs ou développement croisé : cette collaboration fait bouger les lignes. Mais la géopolitique monte aussi en puissance, compliquant la compétition mondiale, la rivalité sino-américaine stimule, mais verrouille également certains échanges stratégiques. Les avancées scientifiques naissent désormais à l’intersection d’enjeux techniques, économiques et politiques.

Quels pays dominent le classement mondial de l’innovation cette année ?

Le fameux indice mondial de l’innovation (GII) continue de donner le ton. En tête, la Suisse impressionne par la qualité de son environnement académique et l’efficacité de la transformation des idées en applications concrètes. Malgré sa taille modeste, elle impose une régularité qui force le respect. La Suède poursuit sa progression, en misant sur la connexion étroite entre industrie, universités et investissements publics stables.

La France et l’Allemagne s’appuient sur des réseaux de recherche robustes pour lancer des projets innovants d’envergure. Chez les États-Unis, le vivier universitaire, le capital-risque actif et la vitalité des start-ups continuent à alimenter les innovations, l’intelligence artificielle restant l’un des fers de lance.

Le Royaume-Uni accélère, dopé par Cambridge et de multiples pôles technologiques, tandis que la Corée du Sud confirme sa percée, surtout dans l’électronique et la robotique.

Pour donner la mesure de cette hiérarchie, on peut résumer les figures de proue de l’année :

  • Suisse : au sommet du GII
  • Suède et États-Unis : leaders réguliers
  • France, Allemagne, Royaume-Uni : piliers européens de l’innovation
  • Corée du Sud : percée remarquable dans les technologies avancées

Brevets, infrastructures solides, montages public-privé : la hiérarchie scientifique mondiale s’appuie sur ces fondations-là.

Suisse, Suède, États-Unis : décryptage des performances des leaders

Ces trois acteurs affichent des profils différents. La Suisse collectionne les premières places grâce à ses universités et à une coopération étroite entre secteur public et entreprises. Citons l’EPFL ou l’École polytechnique de Zurich, qui cristallisent cette exigence d’excellence tournée vers le concret. Le pays attire les talents et crée une dynamique qui lui assure une visibilité hors norme sur la scène scientifique.

En Suède, la vitalité des start-ups et la symbiose entre secteur privé, recherche et soutien public donnent des résultats spectaculaires. Stockholm s’impose comme une ville phare pour l’innovation européenne, preuve tangible de la capacité du pays à produire et attirer des projets de rupture.

Aux États-Unis, l’écosystème foisonne. Des universités d’avant-garde, comme le MIT ou Stanford, irriguent le pays d’idées et de compétences. Les investissements colossaux dans le capital-risque propulsent de jeunes pousses et des géants du numérique au premier plan de la compétition mondiale. Le dynamisme du marché, la diversité des domaines et la puissance de financement dessinent une force qui reste difficile à égaler.

Trois leviers ressortent, chacun distinct :

  • Suisse : recherche de très haut niveau, climat politique stable
  • Suède : fertilité de l’écosystème start-up, efficacité du lien public-privé
  • États-Unis : réseau universitaire mondialement reconnu et capital-risque puissant

Jeune chercheuse avec tablette sur un rooftop urbain

Ralentissement des investissements : quelles conséquences pour la dynamique mondiale de l’innovation ?

La recherche-développement subit un vrai coup de frein. Depuis deux ans, le flux d’investissements en capital-risque affiche une baisse sensible. Certains centres dynamiques, à l’image de Hong Kong ou du Luxembourg, peinent à maintenir leur progression. Pour les pays à revenu intermédiaire tels que l’Afrique du Sud ou le Rwanda, la raréfaction des financements venus de l’étranger accroît les fragilités.

Dans ce contexte, observer l’évolution de la propriété intellectuelle donne une bonne idée du climat général. La stagnation du nombre de brevets, en dehors des grands pôles historiques, traduit ce ralentissement discret mais profond. De même, la demande en services TIC, qui fait souvent office de moteur dans les économies émergentes, marque le pas.

Voici quelques manières concrètes dont les écosystèmes réagissent à cette conjoncture :

  • Singapour et Amsterdam amortissent le choc en misant sur une diversification déterminée de leurs axes technologiques.
  • Les acteurs qui dépendent fortement des capitaux venus d’ailleurs voient leurs projets s’étirer ou s’interrompre faute de moyens suffisants.

Ce resserrement creuse les écarts. Au-delà du développement technique, ce sont aussi les talents, la qualité de la formation scientifique et l’attractivité des institutions qui s’en voient affectés. L’incertitude économique rebat les cartes, pousse chaque nation à réinventer sa place, et rappelle que rien n’est jamais joué sur le terrain de la science.

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